En face de cette difficulté due au manque de formes intermédiaires, Darwin a affirmé, il y a 140 ans, que celles-ci n'étaient pas encore disponibles mais que de nouvelles recherches à venir les déterreraient sans aucun doute. Mais est-ce vrai ? On sait aujourd'hui que toutes les recherches de fossiles menées jusqu'à ce jour n'ont rien révélé. Alors, devons-nous accepter qu'aucune forme intermédiaire n'a en réalité jamais existé, ou devons-nous attendre les résultats de fouilles ultérieures encore plus approfondies ?

Un fossile de poisson osseux datant de quelques 210 millions d'années
Une grenouille fossilisée, vieille d'environ 33,7-53 millions d'années

Une araignée fossilisée, vieille de 295 à 355 millions d'années
Un fossile de trionyx (tortue), âgé d'environ 300 millions d'années

Un fossile d'échinoderme (étoile de mer) datant de 135 millions d'années
Un fossile de crabe d'environ 35-55 millions d'années
La réponse à cette question dépend bien sûr de la richesse des archives fossiles que nous avons déjà à notre disposition. En étudiant les données paléontologiques, on s'aperçoit que les archives fossiles sont extraordinairement riches, avec littéralement des milliards de spécimens fossiles obtenus dans différentes régions du globe.5 En examinant ces fossiles, les experts ont identifié quelques 250.000 espèces différentes, dont un grand nombre affiche une ressemblance extraordinairement proche avec les 1,5 million d'espèces vivants aujourd'hui.6 (Sur les 1,5 million d'espèces vivant aujourd'hui, 1 million sont des insectes.) Pourtant, parmi ces spécimens innombrables de fossiles, aucune forme intermédiaire supposée n'a jamais été retrouvée. Il semble impossible que les formes intermédiaires, non découvertes en dépit de la richesse des archives fossiles, soient un jour déterrées dans de nouvelles fouilles.
T. Neville George, professeur de paléontologie à l'Université de Glasgow, admit il y a plusieurs années :.
Il n'y a plus à s'excuser plus longtemps pour la pauvreté des archives fossiles. D'une certaine manière elles se sont tellement enrichies qu'elles sont devenues difficilement gérables, et les découvertes dépassent l'intégration. Les archives fossiles continuent néanmoins à être composées principalement de trous. 7
Niles Eldredge, célèbre paléontologiste et directeur de l'American Museum of Natural History, indique que l'affirmation de Darwin que "les archives fossiles sont insuffisantes, c'est pourquoi nous ne retrouvons aucune forme intermédiaire" est invalide :
Les sauts dans les archives, et toutes les preuves montrent que les archives sont vraies : les trous que nous voyons [dans les archives fossiles] reflètent de véritables évènements dans l'histoire de la vie - et non pas la conséquence d'archives fossiles pauvres.8
Dans son livre, Beyond Natural Selection (Au-delà de la sélection naturelle) publié en 1991, Robert Wesson dit que les trous dans les archives fossiles sont réels et phénoménaux :
Les intervalles dans les archives sont néanmoins réels. L'absence du moindre enregistrement du développement de nouvelles branches importantes est assez phénoménale. Les espèces sont d'habitude statiques, ou presque, pendant de longues périodes, . les genres ne montrent jamais la moindre évolution en de nouvelles espèces ou en d'autres genres, mais le remplacement d'une espèce par une autre, et ce changement est plus ou moins brusque.9
L'argument avancé il y a 140 ans qu'aucune forme intermédiaire n'a encore été retrouvée, mais qu'elle le sera dans l'avenir ne tient plus aujourd'hui. Les archives fossiles sont suffisamment riches pour raconter l'origine de la vie, et cela révèle une image concrète : des espèces différentes sont apparues toutes indépendamment les unes des autres, soudainement, et avec toutes leurs structures différentes. Aucune "forme intermédiaire" évolutionnaire et imaginaire n'a existé entre elles.
  
5. Duane T. Gish, Evolution: Fossils Still Say No, CA, 1995, p. 41
6. David Day, Vanished Species, Gallery Books, New York, 1989
7. T. N. George, "Fossils in Evolutionary Perspective," Science Progress, Vol. 48, January 1960, p. 1
8. N. Eldredge and I. Tattersall, The Myths of Human Evolution, Columbia University Press, 1982, p. 59
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